Alice Chavanne est née le 8 février 1975 en région parisienne.
Artiste peintre et professeur d’arts plastiques, aujourd’hui elle vit et peint à Saint laurent du Var.
Alice Chavanne crée des espaces aux couleurs profondes, où s’engouffre l’imaginaire, où vagabonde le regard. La toile, tendue comme la peau d’un tambour, offre sa résistance aux assauts de la peinture, à l’amplitude des gestes, à la caresse de l’outil, aux effacements, aux repentirs. La couleur, fluide, vivante, alerte et lumineuse envahit le support par touches successives, avant d’offrir au tableau son équilibre et son intensité. Ses premières toiles gardent dans leur chair la mémoire des remises en question et des audaces du peintre. Dans les subtils reliefs de la couleur, dans l’épaisseur des matières, à travers la transparence d’un glacis surgissent les réminiscences des bouleversements de l’œuvre, les plis et les replis de la démarche.
Pour offrir à la couleur son espace et cette profondeur inattendue et troublante, Alice Chavanne, dans le secret de son atelier, se fait alchimiste, travaillant jusqu’à l’usure les pigments, les encres et les cires.
Sa peinture témoigne de l’influence de la lumière, de l’exubérance de la nature, des vibrations de la couleur. Lors de son exposition à St Laurent du Var en 2003, fleurs de canas rouges et feuilles d’oxalis noirs s’imposent alors sur de grands formats, avant de s’effacer dans les replis de la peinture, pour n’être plus qu’une puissance colorée, une présence.
Le geste s’oriente et s’affirme pour faire surgir des figures, allusives, à peine esquissées, de branches et de plantes. Le dessin ample et inachevé, offre des chemins au regard, accroche la couleur, l’ombre et la lumière, laissant à la toile ses soupirs.
Depuis 2005, l’artiste revisite sa pratique, ses figures personnelles. Elle s’aventure vers de nouvelles formes, afin d’aller fureter dans des territoires moins connus, dans les palimpsestes de la mémoire, elle utilise cadrage, abstraction, fragmentation pour rentrer dans les secrets du sujet. Sa palette se fait plus douce, plus rompue, plus sourde, pour offrir à notre rêverie une nouvelle profondeur.
Françoise MOREAU

